WeChat, Carney et la Chine : pas de panique, disent des chercheurs en désinformation
Le dévoilement cette semaine d’une « opération d'information » sur la plateforme WeChat visant Mark Carney a suscité une vague de réactions en ligne et dans la sphère politique. Plusieurs y ont vu une tentative d’ingérence de la Chine en faveur du Parti libéral du Canada (PLC). Toutefois, selon les experts de l’Observatoire de l’écosystème médiatique de l’Université McGill, ces interprétations sont largement exagérées. Qui plus est, ces experts estiment que le compte lié au Parti communiste chinois ayant publié deux articles au sujet de M. Carney sur WeChat s'adresse principalement aux personnes vivant en Chine continentale et que son contenu Lorsqu’il a fait part de cette opération d’information lundi, le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignements du Canada a fait état de Selon elle, le ton cadre avec le reste des informations publiées sur la chaîne WeChat en question, Youli-Youmian, qui publie des nouvelles sur la politique internationale. Le contenu des articles est loin de suivre le même schéma que la campagne de désinformation sur WeChat visant le candidat conservateur dans Steveston–Richmond-Est en 2021, Kenny Chiu. Celle-ci a beaucoup retenu l’attention lors de la récente Commission sur l’ingérence étrangère. M. Bridgman note que beaucoup de commentaires en ligne depuis la mise en lumière de cette opération d’information suggèrent qu’il s’agit d’un soutien explicite à Mark Carney de la part du gouvernement chinois. Le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignements a dévoilé une opération d'information visant le chef du Parti libéral du Canada, Mark Carney, lundi. Photo : CPAC Lundi, le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignements a fait savoir que les deux articles Les chercheurs de l’Observatoire relativisent ces chiffres. Sur les 93 publications de Youli-Youmian en mars, seules quatre concernaient le Canada. Celle du 10 mars, qui a suscité le plus d’engagement sur ce sujet, a surpassé en interactions 71 des 93 publications du mois – mais elle s’est classée derrière 21 autres. L’Observatoire note dans son rapport qu’il n’y a Tout au long de la campagne électorale, ses experts documentent des Cet incident est classé comme étant mineur, et n’eût été la conversation nationale qu’il a engendrée, sa portée au Canada est si faible qu’il ne justifierait pas que le groupe de recherche s’y attarde, selon son directeur. Il n’en demeure pas moins que l’information selon laquelle la chaîne Youli-Youmian est affiliée à la Commission centrale sur les questions politiques et juridiques du Parti communiste chinois est nouvelle. C’est surtout cette information – et l’idée que la Chine tente d’influencer l’opinion des Canadiens – que cherchait à partager le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignements lors de son breffage de lundi, selon la directrice par intérim du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Vanessa Lloyd. Le Bureau du Conseil privé, qui pilote le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignements visant les élections, n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue. n'a probablement été vu que par peu de personnes au Canada
. Ils n’ont vu aucun commentaire provenant de comptes qu’ils pouvaient identifier comme étant canadiens sur ces publications.récits contradictoires
sur M. Carney, positifs et négatifs
, qui portaient notamment sur ses positions sur les États-Unis. Ceux-ci auraient été amplifiés de manière coordonnée et inauthentique
.J’ai consulté les articles dans la langue chinoise originale
, explique Junyan Zhu, chercheuse et responsable des sondages à l’Observatoire de l’écosystème médiatique. De ce que je vois, il s’agit plutôt d’une introduction à la politique canadienne en vue des prochaines élections fédérales parce que c’est un événement international très important. Pour moi, le ton et le contenu semblent servir davantage à nous présenter le candidat. Je ne vois pas de soutien clair à un parti politique ou à un candidat particulier au Canada.
C’était fondamentalement différent
, commente le directeur de l’Observatoire, Aengus Bridgman. En 2021, il y a eu une prise de position très claire contre le Parti conservateur sur WeChat, de différentes manières, en raison de leur position plus ferme envers la Chine. Il y avait donc du contenu éditorial fortement anti-conservateur ainsi que de la désinformation – ce qui, dans le cas de cette chaîne en particulier, n’est pas observé.
Ce n’est pas ce que l’on voit en ce moment
, tranche-t-il.
Pas d’engagement hors normes, selon l’Observatoire
amplifiés de manière coordonnée et inauthentique
avaient obtenu entre 85 000 et 130 000 interactions, et de 1 à 3 millions de consultations.Rien n'indique que ces articles se soient distingués d'une manière qui suggérerait une amplification ciblée ou un intérêt exceptionnel de la part du public
, peut-on lire dans le rapport de l’Observatoire (nouvelle fenêtre). Une amplification coordonnée par une trentaine de comptes, comme l'indiquait le Groupe de travail, demeure toutefois possible
.Pas de panique
aucune raison de s'alarmer ni aucun signe indiquant que la Chine s'est immiscée dans les élections canadiennes par l'intermédiaire de cette chaîne
.incidents d'information susceptibles d'induire le public en erreur et de perturber les processus démocratiques
. Ils classent également la gravité des incidents sur une échelle de 1 à 3 (mineur, modéré ou majeur).
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